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Habib Faye est l’un des bassistes sénégalais les plus talentueux de sa génération. Cet ancien membre du Super Etoile mène actuellement une carrière solo et monte ses propres projets dont ‘’Cola Nut Café’’. Détendu et sans trop faire dans la langue de bois, l’auteur H2O est revenu avec EnQuête sur ses années fastes au sein du Super Etoile, sa collaboration avec Ablaye Cissoko ainsi que sur ses relations avec Youssou Ndour et sa fraîche collaboration avec Wally Seck. Entretien !

Votre nom reste lié au Super Etoile. Votre complicité avec Youssou Ndour était telle que vous aviez initié le concept You-Bib. Qu’en est-il aujourd’hui de vos relations avec le Super étoile ?

You-Bib a duré longtemps contrairement à ce que les gens croient. Toutes les fois où j’ai collaboré de manière entière avec Youssou, c’était dans le concept You-Bib. Parce que You-Bib, ce sont les idées de Youssou et d’Habib qu’on mettait ensemble. On le présentait après au public à travers le Super Etoile. Et j’ai eu à travailler avec Youssou pendant longtemps. Cela a commencé dans les années 1980 et s’est poursuivi jusqu’aux années 1990. Toutes les productions du Super Etoile de cette période sont issues de You-Bib en tant que producteur et réalisateur. Youssou avait des idées et moi j’étais là pour les matérialiser. Mes idées, on les partageait. Cela a duré plus d’une décennie. Maintenant, je pense qu’avec le temps, les gens sont devenus plus ambitieux. Chacun de son côté a essayé de faire ses choses. Je pense que c’est cela qui explique que You-Bib n’existe plus.

Qu’est-ce qui s’est passé par la suite au point que Mbaye Dièye Faye ait pris votre place ?

Je pense honnêtement que cela est dû au fait que je n’étais plus là. Moi, j’ai quitté le Super Etoile depuis 2012. Il faudrait peut-être ne pas oublier que je ne suis plus dans le groupe depuis 4 ans maintenant. Entre-temps, Mbaye Dièye a eu à jouer ce rôle. Je ne sais pas de quelle manière cependant. Moi, j’étais plus dans le concept musical avec les arrangements à faire et surtout de jouer des instruments, si c’était nécessaire. Nous, nous étions à un niveau de conception qui était vraiment différent.

Est-ce un problème personnel qui vous a poussé à quitter le groupe ?

Non, pas du tout. Ce sont plutôt des ambitions personnelles. Il n’y a jamais eu de problèmes. Je suis parti de mon propre gré parce que j’ai vu qu’il me fallait voler de mes propres ailes. C’est moi qui l’ai voulu, personne ne m’y a obligé.

Pourquoi justement en 2012, sachant que, depuis longtemps, vous alliiez carrière solo et compagnonnage avec le Super Etoile ?

Il est vrai que j’ai toujours allié les deux. C’était difficile pour moi mais je tenais quand même à ce Super Etoile qui m’a tant donné. Je tenais à rester dans le groupe. A un certain moment, j’ai constaté que Youssou était plus ou moins occupé par d’autres choses. Je me suis permis alors cela parce qu’il y avait plus de temps pour aller faire autre chose. Et j’ai voulu m’occuper de mes propres affaires à temps plein. C’est juste cela.

Vous en aviez parlé avec Youssou Ndour ?

Bien sûr qu’on en a parlé. Il était clair que moi, j’allais poursuivre ma carrière quand il a décidé d’entrer dans la politique. Je lui ai dit que j’étais de tout cœur avec le Super Etoile. C’est mon bébé le Super Etoile. J’ai beaucoup participé à l’éclosion de ce groupe. Entre gentlemen, on s’est dit des choses. Je lui ai dit que j’étais toujours avec eux mais que j’ai quand même une carrière qui m’attend et que je devais poursuivre.

Pensez-vous un jour retourner au Super étoile ?

Dieu Seul Sait si cela se fera ou pas. Je peux juste dire que ce n’est pas à l’ordre du jour.

Vous n’êtes pas nostalgique ?

Oh que si et c’est normal ! Des fois je regarde des vidéos et je me rends compte du niveau musical que le groupe a. Des fois, il y a des amis musiciens qui m’appellent après avoir vu une vidéo des années 1980 pour me dire que c’était top. Tout le monde est surpris par le niveau qu’on avait à l’époque. Musicalement, c’était vraiment du top. J’ai souvent cette nostalgie.

Que pensez-vous de la dernière production de Youssou Ndour ?

Honnêtement, je ne l’ai pas vraiment écoutée. J’ai eu quelques bribes de certains morceaux. Ce que j’en ai entendu est bien, vraiment. C’est même très bien. Youssou ne fait jamais les choses à demi-mesure. Quand il décide de s’y mettre, il le fait correctement.

Comment est née votre collaboration avec Ablaye Cissoko ?

La collaboration avec Ablaye entre dans le cadre d’un projet que j’ai initié vers la fin de l’année 2015 et qui s’appelle ‘’Cola nut café’’. La cola est la chose la mieux partagée en Afrique. Et nut comme la noix de cola. Moi, je prononce ‘’note’’ pour faire allusion à la musique et café comme un café qu’on partage dans un café. Donc une noix de cola qu’on se partage quelque part. En outre, c’est un plateau d’échanges culturels. J’y ai invité des amis que j’ai eu à rencontrer sur la scène internationale. J’ai surtout pensé à un concept musical qui allierait des instruments modernes et des instruments traditionnels. C’est dans ce cadre que j’ai rencontré Ablaye. Ensemble, on a eu à faire quelques concerts l’année dernière dont une prestation à un festival de jazz au Bénin. Il a initié le projet ‘’Autour de minuit’’ dans le cadre Off du festival de jazz de Saint-Louis et il m’y a invité. Beaucoup de choses se sont passées là-bas. Il y a eu 4 soirées qu’on a animées et qui étaient vraiment bien. Le public a beaucoup vibré avec ce projet-là. Cela nous a beaucoup inspiré pour continuer ‘’Cola nut café’’ et de rester sur la même trajectoire.

C’est dans cette dynamique que vous avez décidé de sortir un album ensemble. Que comptez-vous présenter au public ?

Ce sera un mélange entre les instruments traditionnels et les instruments modernes que j’utilise beaucoup comme la guitare et la basse aussi. Ce qu’on fera avec, je n’aime pas l’appeler jazz parce que ce n’est pas le terme approprié mais j’essaie de faire la fusion entre la musique africaine et celle occidentale. Cela va être un projet ‘’fusion’’, je dirais. L’album sortira d’ici la fin de l’année, s’il plaît à Dieu.

Que retenez-vous de l’expérience ‘’Autour de minuit’’ ?

J’ai participé à la scène In du festival de jazz de 2012 avec mon projet H2O. Cette fois-ci, avec Ablaye, on est venu différemment en essayant d’apporter notre contribution en organisant une scène OFF. C’était une manière pour nous de participer à la réussite de ce grand festival. Alors ce que j’en retiens et que j’ai ressenti aussi est très particulier. Parce que j’y ai eu de grandes et belles surprises. Je ne m’attendais pas à tant d’engouement du public. J’ai vu des gens qui sont venus tous les soirs pendant les 4 jours de concerts. Cela signifie beaucoup pour moi. C’est un projet qui accroche. Il est en train de faire son petit bonhomme de chemin et prend de l’envergure. Je pense qu’on ira plus loin avec le disque qu’on fera cette année. Ablaye et moi avons la même maison de production et les mêmes tourneurs qui s’occupent de nos dates. C’est un album que la maison de production a hâte d’avoir pour le mettre sur le marché international. Cela nous permettra de plus jouer partout dans le monde.

Au-delà d’Ablaye Cissoko, qui d’autres participent à ce projet ?

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