« 23 Juin », 5 ans après la révolution citoyenne, un triste bilan ?

Cela fait déjà cinq ans, jour pour jour, que le Sénégal vivait la plus grande révolution citoyenne de son histoire. Le 23 juin 2011, l’Assemblée nationale était le point de ralliement du peuple, une façon pour celui-ci de s’opposer à une révision constitutionnelle instituant le ticket présidentiel et la candidature du Président Abdoulaye Wade pour un troisième mandat.

Il était une fois le 23 juin. Jour où le peuple sénégalais avait dit non au vote du projet de loi instituant le ticket Présidentiel et le quart bloquant. Pour s’opposant à ce qu’ils qualifient de forfaiture et de recul démocratique, des milliers de Sénégalais s’étaient rendus à l’Assemblée nationale. Au campus de l’université Chekh Anta Diop de Dakar, des centaines d’étudiants se sont donnés rendez-vous devant le pavillon A. Comme une horde, ils convergent vers le siège de la représentation nationale. Arrivés à l’avenue Blaise Diagne, ils butent sur les forces de l’ordre. L’affrontement était alors déclenché. Au marché Sandaga, il ne reste plus rien de l’hôtel des députés. Pendant ce temps à la place Soweto, Y en a marre scande : « députés corrompus, Wade dégage ! ». La veille, Cheikh Bamba Dièye, s’enchaînait lui-même devant les grilles de l’hémicycle. Alioune Tine, Birahim Seck, sont mal menés. Un certain Moustapha Niass est devenu jeteur de pierres. Me El hadj Diouf affronte les policiers et le peuple suit. La maison de Farba Senghor est saccagée et calcinée. A 16 h, la séance à l’Assemblée nationale est suspendue, le quart bloquant est retiré. Face à la pression populaire, la loi elle-même est retirée. Le Sénégal était à deux pas du chaos. Mais le jeu en valait la chandelle. La république a dit non à inacceptable. Cinq ans après, Alioune Tine réclame toujours justice Alors à la tête du M23, Alioune Tine avait vécu intensément cette folle journée. Le défenseur des droits de l’homme a été sauvagement agressé. Il avait ensuite porté plainte, mais depuis le dossier n’a pas évolué. Cinq ans après Alioune Tine réclame toujours justice. A cet effet, il explique sur les onde de la Rfm que le dossier a été déposé à la police mais jusqu’à présent rien a été fait pour identifier ceux qui les ont agressés, les juger ne serait-ce que pour qu’on comprenne pourquoi ses actes. Parce que, explique-t-il, ça été quelque chose qui a été fait de façon publique, devant les policiers. Il confirme aussi avoir donné une bonne documentation de film à la police. Cinq après, un triste bilan ! Cinq après, la plupart des jeunes qui avaient participé à ces événements, tirent un triste bilan de leur combat. Ils jugent que leur engagement était inutile. En effet, pour une première fois au Sénégal, la population sénégalaise, en majorité des jeunes s’étaient battus pour que le système de gestion des affaires de cité change. Ils dénonçaient alors les manipulations politiques, une corruption de la justice, des détournements des deniers publics. Les hommes politiques de l’opposition s’engageaient alors urbi et orbi à assainir la gestion des affaires de l’Etat, de régler les préoccupations de la population une fois qu’ils seraient élus. Mais, pour certains, cela fait cinq ans que le chef de l’Etat Macky Sall a été élu au poste de Président de la République, mais les changements ne sont pas assez significatifs. Ainsi, estiment-ils, la traque des biens mal acquis, qui était l’un des points essentiels de la demande social peine a donné des résultats convaincu. Le seul détenu sur une liste de plus de 25 personnes ciblée, en l’occurrence Karim Wade, est sur le point d’être gracié. Le chef de l’Etat qui avait promis de réduire son mandat de sept à cinq an est revenu sur sa promesse sous prétexte que le conseil constitutionnel juge contraire à la constitution cette mesure. La transhumance politique ainsi que le clientélisme politique s’érigent en règle contre les valeurs morales et les intérêts du pays. Sinon comment comprendre l’augmentation des chambres consultatives au moment où le Sénat a été sévèrement critiqué au point d’être supprimé. Comment comprendre la pléthore de ministres, alors que le chef de l’Etat s’était engagé à ne nommer qu’une vingtaine. Ainsi pourrait-on dire tout ça pour ça!
BUZZ.SN

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