Ismaïla Sarr se dévoile: « je n’ai jamais douté de ma … »

A 20 ans, c’est la nouvelle arme de Rennes. Et des Lions du Sénégal. Rencontre avec le fils d’un ancien international Abdoulaye Sarr Naar Gaad, aussi vif en entretien que sur le terrain. Une fois n’est pas coutume, Ismaïla Sarr dit tout.

Les Echos : Quel bilan tirez-vous de votre saison ?
Ismaila Sarr : Mitigé. Je n’ai pas eu la chance de finir la saison à cause des blessures. Je suis resté éloigné des terrains lors de la première partie de la saison pour cause de blessures récurrentes. Pour me soigner, je suis parti à Nice pour ma rééducation durant trois semaines. Par la suite, j’ai connu une rechute dès mon retour à la compétition. On me reproche un excès d’engagement sur le terrain qui est la cause souvent de mes pépins physiques. Même mon père m’appelle souvent pour me demander de changer ma façon de jouer, mais je n’y peux rien. Dès que je suis dans sur la pelouse, je me donne à fond. Je ne contrôle plus rien. Mais j’ai eu à livrer 24 matches dont 22 titularisations avec 3 passes décisives, 5 buts marqués. Ce qui fait un total de 1865 minutes jouées pour 2 cartons jaunes. Maintenant, je ne pense qu’à la Coupe du monde. D’ailleurs je me suis bien préparé pour être au top le moment venu.

Avec les nombreuses blessures, étiez-vous parfois inquiet pour votre place en équipe nationale ?
Non. Je n’ai jamais douté de ma place en équipe nationale, encore moins d’une participation lors du prochain Mondial 2018. J’ai tout fait correctement pour revenir après chaque blessure. D’ailleurs, mon coach (Sabri Lamouchi) était satisfait de mes retours, car il me dit souvent que je fais partie de ceux qui ont qualifié l’équipe en Europa Ligue.

Maintenant que vous êtes retenu pour le Mondial, qu’est-ce que cela vous fait ?
C’est un rêve de gosse qui est devenu réalité. C’est une joie immense d’être retenu parmi les 23 joueurs qui vont défendre les couleurs nationales lors du prochain Mondial. C’est un rêve qui se réalise. Je me rappelle avoir dit au président Mady Touré lors de mon passage à Génération Foot, que mon objectif était de jouer un Mondial dans ma carrière. Il m’avait dit d’y croire. J’y ai cru pour avoir disputé ma première Can en 2017 et maintenant, ce sera le Mondial 2018. C’est une chance d’aller au Mondial, car il y a des milliers de joueurs qui n’ont jamais eu cette occasion, donc, je m’en réjouis. Maintenant, j’irai en Russie pour défendre les couleurs de ma nation et aussi pour apporter plus de visibilité à mon talent. Je suis un jeune joueur et j’ai besoin de démontrer toute l’étendue de mon talent. Cela va passer par de bons matchs avec la sélection nationale.

Mais la concurrence ne fait-elle pas rage dans la Tanière ?
Elle existe partout. Cela ne me fait pas peur. Le sélectionneur national a doublé tous les postes, pour vous dire. Chacun voudra jouer et glaner une place de titulaire. Moi, je vais me donner à fond et surtout faire de mon mieux pour espérer jouer. Le dernier mot revient au coach, mais je n’ai pas l’habitude de forcer les choses. Je vais y aller à mon rythme et j’espère convaincre le coach afin de glaner plus de temps de jeu.

Quels sont vos objectifs pour le Mondial ?
Ça sera compliqué, mais nous voulons faire mieux que nos ainés de 2002. En Russie, nous allons représenter dignement les couleurs nationales et, pourquoi pas, nous offrir une place en demi-finale. Nous avons un groupe et la confiance pour le faire. Même Aliou Cissé souhaite qu’on dépasse la génération 2002, afin d’écrire une nouvelle page du football sénégalais. Nous avons une poule jouable. Elle semble être facile aux yeux de certains, mais, personnellement, je pense le contraire. Il n’y a plus de petites équipes. Nous allons prendre match par match et surtout on ne sous-estimera aucune équipe.

La presse avait annoncé un intérêt du FC Barcelone l’été dernier. Qu’est-ce que cela fait en tant que jeune joueur ?
Un plaisir de voir son nom citer parmi les grands clubs, mais ce n’est pas mon domaine. Je ne veux pas trop m’avancer là-dessus, car mon rôle est de jouer au football, le reste est entre les mains de mon agent.

Qu’est-ce que vous faisiez avant de devenir footballeur ?
J’ai embrassé le métier de tailleur. Vous savez, l’école n’a jamais été mon dada. Il m’arrivait de sécher constamment les cours pour aller jouer au football avec mes amis. Mais, un jour, mes parents m’ont emmené de force chez le maitre-tailleur de mon quartier. C’est là-bas que j’ai appris les rudiments de ce métier, mais, comme le football était une passion, j’ai par la suite tout laissé pour vivre ma passion. Côtoyer le métier de tailleur a participé à ma formation. Je suis en partie ce que je suis grâce à ce job. D’ ailleurs, j’ai gardé le contact avec mon maitre-tailleur qui est devenu le couturier de ma famille.

Et votre famille ?
Elle représente tout pour moi. J’ai une famille adorable. Mon grand-frère Papis Sarr est mon confident. C’est mon conseiller, tout comme ma sœur Kiné, qui est pour moi une seconde mère. Elle fait tout pour moi. C’est elle qui rassemble mes amis lors des matchs du Sénégal à Dakar. C’est ma meilleure amie. Elle est prête à tout pour moi. Tout comme le reste de ma famille, à savoir Ndèye Ami et le cadet Badara. Quant à mon père et ma mère, ils sont tout pour moi. Je me suis juré de les rendre fiers, car il m’est impossible de leur rendre la monnaie de leur pièce après tout ce qu’ils ont fait pour moi. Donc, je vais continuer à me battre pour les rendre encore heureux.

Parlez-nous un peu de votre femme ?
Elle est aussi importante pour moi. Fat Sy m’a beaucoup soutenu, bien avant que je devienne joueur professionnel. Elle est d’un apport considérable sur mon plan de carrière. Car c’est elle qui gère mon alimentation, mes heures d’entrainement et de repos aussi. J’ai voulu me marier très tôt, pour avoir de la stabilité, car il faut le dire, les tentations sont énormes pour un joueur de football. En tant que jeune qui veut avoir une carrière digne de ce nom, j’ai choisi de me caser tôt pour réaliser mon souhait.

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