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Imam Ndao :  » La charia s’appliquera au Sénégal quand les Sénégalais l’auront voulu (…) Pourquoi je collectionne des vidéos de l’État islamique »

L’Imam Aliou Badara Ndao n’a pas nié qu’il milite pour l’application de la charia au Sénégal. Mais l’accusé qui comparait pour au moins 7 chefs d’inculpation, n’entend pas le faire avec les armes. Pour le religieux, si la charia devait être appliquée au Sénégal, c’est parce que les Sénégalais l’auront bien voulu. Il cite pour étayer sa thèse un verset du Coran qui interdit la contrainte en matière de croyance religieuse. Sa perception du jihad n’outrepasse pas « la connaissance et l’application de cette science sur soi-même ».
Dans le même sillage, l’Imam Ndao soutient avoir dissuadé un de ces co-accusés de se rendre en Afghanistan. « J’ai fait savoir à Saliou Ndiaye qui voulait se rendre en Afghanistan que son Afghanistan, c’est le Sénégal et sa famille », fait observer l’accusé.

Pourtant, au même moment, il avait des vidéos sur des atrocités commises par l’État islamique dans son ordinateur. Un intérêt pour le jihadisme qui n’a pas manqué d’intriguer le tribunal. Pour lever toute confusion, l’Imam Ndao précise qu’il emmagasinait ces fichiers vidéos pour sa propre information. « Je me dois d’être informé sur tout ce qui se passe dans le monde. Et permettez-moi de préciser que de la même manière que je détiens des vidéos de l’État islamique, j’ai avec moi aussi des vidéos de l’autre camp », s’explique l’accusé. Pour les vidéos de l’État islamique, Imam Ndao révèle avoir cet intérêt pour la production audiovisuelle des groupes jihadistes pour tenir un discours de vérité aux jeunes.

DAKARACTU

Imam Ndao sort de sa réserve : « J’ai préféré me mettre au service de l’islam »

Imam Alioune Ndao fait face aux juges ce matin. Né en 1960, polygame et père de 16 enfants, il est maître coranique à Ngane Station sis au quartier Ndorong à Kaolack, mais également agro-pasteur. Acteur religieux de son état, il est poursuivi pour 7 chefs d’accusation : acte de terrorisme par menace ou complot, association de malfaiteurs, financement du terrorisme, blanchiment de capitaux, apologie du terrorisme ; détention d’armes et de munitions sans autorisation administratives. Ce qu’il a vivement contesté.

Ancien pensionnaire du daara de Coki (1967), il a mémorisé le Coran au bout de 3 années d’études coraniques. Il a été formé par Serigne Mor Cissé à Diourbel. De retour en 1975 auprès de ses parents, il a été dans plusieurs localités comme à Keur Bakari Cissé (Passy), Maka Gouye (Kaffrine). Lauréat d’un concours de la Ligue mondiale islamique pour la formation des imams et des prédicateurs, cette distinction lui donne droit à deux ans d’études.

« Quand nous avons implanté le daara dans notre village natal, nous avions été obligé de nous installer à Kaolack vers les années 90. C’est en 98, propriétaire de terre, nous sommes partis nous y installer. Depuis, on enseigne et cultive la terre. Le daara est même dans les champs se trouvant à la périphérie de Kaolack. Les populations nous y ont rejoint », a dit l’Imam Alioune Ndao au cours de son audition.

Parlant de son daara (école coranique), il a précisé que présentement, il compte « 6 enseignants et entre 300 et 400 apprenants. Pour la prise en charge, certains parents contribuent mensuellement, mais il y en a aussi plus de 80% de cas sociaux. Pour ce qui concerne la mosquée, je suis l’imam. Il y en a d’autres comme Harouna Deme et d’autres de ses semblables capables de diriger la prière ».

Pour ses rapports avec les autorités étatiques sénégalaises, il estime qu’ils ne sont que des meilleurs. « Notre relation avec l’État est des meilleures. Nous les convions à toutes nos activités. Mais par rapport au soutien, aucun moyen ne vient de l’État. C’est un directeur du Cadastre qui s’appelait Moustapha Sow qui m’a octroyé le terrain. Nous, nous estimons que nous sommes des musulmans qui sont au service de l’humanité toute entière. À l’échelle nationale, nous rendons des visites et des services aux autorités religieuses, dans le cadre de la Ligue nationale des prédicateurs. Je suis le secrétaire général de Ligue des imams et des prédicateurs du Sénégal dirigée par Imam Dame Ndiaye, Sg de la Coordination des daaras du Sénégal. Après mes études j’ai pris l’option de collaborer avec toutes les confréries. J’ai préféré me mettre au service de l’islam ».

Auteur: Youssoupha Mine – Seneweb.com

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