( 15 Photos ) Les boucles d’oreilles Peulhs, le nouveau style des jeunes femmes

Coquettes, soucieuses de leur port vestimentaire, très regardantes en ce qui concerne leur allure, par une mine soignée, une toilette recherchée, ces termes définissent la femme sénégalaise. Pas étonnant alors qu’elles aient acquis une réputation presque unanime de femmes coquettes.

Chez elles, rien n’est laissé au hasard. A les observer, l’on se dit qu’elles sortent des nouveautés, en rapport à leurs looks tous les mois.

Cela fait un bout de temps maintenant qu’elles l’ont adopté et intégré dans leur style. Pas une journée ne s’écoule sans qu’une jeune femme ne passe, inaperçue, avec ces boucles d’oreilles rehaussées de couleurs jaunes-rouges, reliées aux toucouleurs.

Il est certain que ce nouveau look ne manque pas de susciter des questionnements du genre, pourquoi. Pourquoi précisément ces boucles ?

Aida commercialise du tout à la gare ferroviaire de Dakar. Karité, savon, henné, huiles, tissus, encens, mais dans son magasin, ces boucles d’oreilles sont plus exposées. Elles sont entourées de toutes sortes de produits mais, les couleurs qui les composent font qu’elles damnent le pion aux autres produits. A la question de savoir si les femmes la sollicite pour ces boucles d’oreilles, Aida répond : « Elles viennent en masse. Tous les jours, elles font le déplacement jusqu’ici, bien que, difficile d’accès soit-il ». A cet instant, une jeune dame entre dans le magasin, accompagnée de sa petite fille. Elle explique à la vendeuse Aida que la petite âgée d’à peine sept ans la tympanise pour ces boucles d’oreilles. « A l’école ma meilleure amie les porte tout le temps et c’est joli sur elle »,explique-la petite Ramata.

Au cours de l’entretien avec la vendeuse qui a duré une bonne heure, exactement six jeunes femmes sont venues acheter ces fameuses boucles. La première, Arame loge à la cité Claudel. L’étudiante en Lettres Modernes confie que c’est leur côté esthétique qui lui plaise. « Ils sont mignons, dit-elle et puis, elles vont à tout le monde. »

 

Elles sont tellement en vogue ces accessoires qu’il en existe maintenant de toutes les façons, de toutes les tailles et de toutes les couleurs, même en bracelet, et en collier. « Remontant aux origines, narre-Aida, elle-même en portant une paire de couleur rouge, ces boucles d’oreilles étaient exclusivement portées par les hal pulaar et les bambaras. La matière avec laquelle étaient fabriquées ces boucles diffère de celles portées par les jeunes femmes aujourd’hui. Avant, elles étaient faites à partir de fer, donc, plus lourdes.

Aujourd’hui, avec de petits bâtonnets, elles peuvent être créées, en lui donnant après, la couleur que l’on veut. C’est léger, facile à porter et il y’en a même, qui sont de bronzes. Celles-là coûtent plus cher. Car, explique-t-elle, pour les réaliser, l’artisan martèle le métal jusqu’à former des plaques très fines qu’il soude ensuite afin d’obtenir des formes de caramboles particulièrement designs, à l’éclat si particulier » dit-Aida.

Parmi elles, les quatre autres, plus l’étudiante plaident pour la même chose, la beauté de l’article en question. Une seule, une toucouleur, Faty Amadou Tidiane Bassoum, a tenu un autre discours. La jeune comptable affirme avec une fierté manifeste que pour elle, porter ses boucles d’oreilles, dans un contexte où prime la modernité est un moyen de se rappeler du port vestimentaire ancestral et ainsi allier le moderne et le traditionnel. « Que ce soit pour les chaussures, les vêtements, et récemment pour les boucles d’oreilles, le côté traditionnel, donc original, dit-elle, est de plus en plus ressorti. Exactement ce qui fait le charme, l’attirance, poursuit-elle, d’un look. Il n’y a rien de mal à s’habiller à l’européenne, du moins, de mon point de vue, précise-t-elle, mais ça l’est d’autant plus lorsque dans le style, un pan de notre identité culturel, de notre personnalité, ressort. »

Dans la mesure où aussi bien nos opinions que notre manière de nous habiller doit être en phase avec notre personnalité, notre moi-assumé.

En résumé, hormis l’effet de mode, c’est le côté authentique qui est à l’origine de ce nouveau look tendance. A travers cela, qu’elles le sachent ou l’ignorent, les jeunes femmes sénégalaises adoptent aussi l’élément remarquable des toucouleurs : leur mode tout en couleur. Une ethnie où les femmes portent des dents en or, pour le plaisir et la joie de les exhiber.

Nous sommes à l’ère où la modernité est à son summum, entend-on dire souvent. Dans tous les cas, les effets traditionnels africains intéressent de plus en plus aussi bien les sénégalais, les africains en général, que les occidentaux, pour faire large. Pour l’illustrer, prenons l’exemple du Wax, cousu sous différents modèles, ou celui des cheveux afro, à la nappy girl, qui avait même fait l’objet d’un hashtag, incitant les femmes africaines à retourner au naturel, à l’africaine. Beaucoup ne soutiennent-ils pas que la mode, elle va, elle vient, en ne changeant presque pas.

Nous serons d’accord, ce mélange raffiné entre modernité et tradition séduit et apporte une touche originale aux tenues. En poussant la réflexion, cette donne ne fera qu’harmoniser encore plus les relations ethniques. Il ne suffit plus d’être peulh, manjack, ouolof, lébou, ou sérère pour s’habiller à la guinéenne.

En sortant du magazin, deux femmes, venaient acheter une trentaine de ces originales boucles d’oreilles, en gros, pour les revendre.

teranganews.sn

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